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La SMTr est-elle rentable pour notre système de santé? Ce qu'en dit l'INESSS

La dépression est une condition qui influence la famille, les proches et la société dans son ensemble. Elle a un coût collectif massif, souvent invisible pour qui ne la vit pas de près. Avant de se demander si la SMTr coûte trop cher, il faut peut-être poser la question autrement : combien coûte l'inaction ? […]

Neuroperforma
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1 septembre 20267 minutes de lecture
Une femme portant une bobine SMTr

La dépression est une condition qui influence la famille, les proches et la société dans son ensemble. Elle a un coût collectif massif, souvent invisible pour qui ne la vit pas de près. Avant de se demander si la SMTr coûte trop cher, il faut peut-être poser la question autrement : combien coûte l'inaction ?

Coût de la prise en charge de la dépression résistante

Selon la Commission de la santé mentale du Canada il y a quelques années, le fardeau économique des problèmes de santé mentale s'élève au moins à 50 milliards de dollars par année, dont 6 milliards attribuables à la seule perte de productivité liée à l'absentéisme et au présentéisme. Au Québec, environ 30 personnes sur 1 000 s'absentent du travail chaque semaine pour des raisons de santé psychologique, soit près de 132 000 absences hebdomadaires. Ces chiffres racontent une réalité budgétaire, mais pas seulement : derrière chaque absence se trouve une personne qui lutte, un gestionnaire qui réorganise une équipe, une famille qui absorbe le contrecoup.

Dans ce contexte, une question mérite d'être posée sans détour : si une autre approche permettait de ramener plus tôt une partie de ces personnes à une vie fonctionnelle, combien cela vaudrait pour la société ?

Que coûte vraiment la dépression résistante ?

La dépression résistante, celle qui ne répond pas aux antidépresseurs habituels, est une forme particulièrement lourde à porter, tant sur le plan humain que sur le plan économique. Les problèmes de santé mentale sont à l'origine de 30 à 40 % des cas d'invalidité de courte durée au Canada et les entreprises versent près du double en prestations d'invalidité pour une maladie mentale comparativement à une invalidité physique.

La dépression réfractaire touche des personnes qui ont déjà essayé, sans succès, au moins deux traitements antidépresseurs différents, souvent après des mois, parfois des années d'essais infructueux (INESSS, 2026). Cette situation symbolise un parcours fait d'attente, de rechutes et d'espoirs déçus, qui s'accompagne fréquemment d'un éloignement prolongé du marché du travail et d'un épuisement grandissant des proches qui accompagnent la personne au quotidien.

Et cette trajectoire a un prix qui continue de grimper. Selon des projections de Deloitte Insights, les problèmes de santé mentale pourraient coûter à l'économie canadienne 2 500 milliards de dollars cumulés d'ici 2041 et accaparer jusqu'à 70 % de l'ensemble des coûts d'invalidité – une situation qui rend d'autant plus pertinente la question de savoir où investir maintenant pour éviter ces coûts plus tard.

Que dit l'INESSS sur l'efficience de la SMTr ?

En janvier 2026, l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a été mandaté par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour évaluer non seulement l'efficacité clinique et l'innocuité de la SMTr, mais aussi son efficience en contexte québécois, c'est-à-dire sa valeur économique réelle pour le système de santé.

Une femme portant une bobine SMTr

Dans ce cadre, l'INESSS a conclu à la pertinence clinique de la SMTr comme option pour les adultes présentant une dépression réfractaire n'ayant pas répondu aux traitements de première intention. Cette conclusion rejoint également les données regroupées sous le cadre CANMAT (Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments ou Réseau canadien pour le traitement de l'humeur et de l'anxiété), reconnu à l'échelle canadienne pour les indications de traitement en santé mentale. Fait notable : l'INESSS recommande d'ajouter 27 appareils supplémentaires aux 17 actuellement en fonction au Québec, une recommandation qui repose en partie sur une logique d'efficience : élargir l'accès aujourd'hui pour réduire les coûts liés à une dépression non traitée demain.

Que montre la recherche internationale ?

Ces conclusions québécoises ne sont pas isolées. Une analyse coût-utilité menée en Ontario a comparé la SMTr à l'électroconvulsivothérapie (ECT) comme approche de première ligne pour la dépression résistante : la SMTr s'est révélée à la fois moins coûteuse et plus efficace, générant 0,96 année de vie en bonne santé supplémentaire et des économies estimées à 46 098 $ par patient comparativement à l'ECT.

Au Royaume-Uni, une évaluation économique publiée en 2026 dans le British Medical Journal a calculé un ratio coût-efficacité de la SMTr d'environ 12 000 £ par année de vie ajustée par la qualité, un résultat bien en deçà des seuils d'acceptabilité habituellement utilisés par les systèmes de santé publics pour juger qu'un traitement mérite d'être financé. Du point de vue de la société dans son ensemble, la SMTr réduisait aussi les heures de soins informels assumées par les proches, générant des économies nettes additionnelles qui ne sont habituellement pas comptabilisées dans les analyses strictement hospitalières.

Ces résultats concordent avec les travaux de l'INESSS et suggèrent que la véritable question n'est peut-être plus de savoir si la SMTr est rentable, mais pourquoi elle demeure encore sous-utilisée dans plusieurs systèmes de santé, dont le nôtre.

Le paradoxe québécois : une solution couverte, mais inaccessible

Le Québec est l'une des provinces à offrir cette option gratuitement dans le réseau public : la SMTr y est remboursée par la RAMQ depuis 2013, et le nombre de séances couvertes a été multiplié par 13 entre 2013 et 2022, signe d'une adoption croissante. Pourtant, avec seulement 17 appareils répartis dans sept régions sociosanitaires, les délais d'attente varient considérablement selon le lieu de résidence du patient, allant d'une semaine à six mois.

Chaque semaine d'attente pour une personne vivant avec une dépression résistante représente potentiellement une semaine d'arrêt de travail additionnel, de souffrance prolongée et de coûts directs et indirects pour la collectivité. C'est précisément ce paradoxe qui motive la recommandation de l'INESSS d'ajouter des appareils : une option dont l'efficience est démontrée, mais dont l'accès demeure freiné par des contraintes matérielles plutôt que par un manque de pertinence clinique ou économique.

Pour les personnes qui souhaitent une évaluation plus rapide ou un accompagnement complémentaire, des cliniques privées comme Neuroperforma offrent la SMT profonde, toujours sous la supervision d'un psychiatre membre du Collège des médecins du Québec (CMQ), qui détermine l'admissibilité de chaque patient à la suite d'une évaluation individuelle – une étape incontournable, que cette solution soit reçue dans le réseau public ou dans une clinique privée. Cette offre privée ne remplace pas le réseau public ni son financement par la RAMQ; elle représente plutôt une option additionnelle pour les personnes dont la situation ne peut attendre les délais actuels.

Un investissement qui profite à tout le monde

Élargir l'accès à la SMTr permet à des personnes en dépression résistante de retrouver une vie active plus tôt, réduire la pression sur les urgences psychiatriques, éviter le recours à des traitements plus lourds comme l'ECT lorsque la SMTr peut suffire, et alléger le fardeau quotidien des proches aidants qui accompagnent, souvent seuls, une personne en détresse depuis longtemps.

Vue sous cet angle, la SMTr n'apparaît plus comme une dépense marginale réservée à des cas exceptionnels, mais comme une réponse structurée à un problème qui coûte déjà des milliards à la société, chaque année, que l'on choisisse d'agir ou non.

Conclusion

La question n'est peut-être plus de savoir si le Québec a les moyens d'investir davantage dans la SMTr, mais s'il a les moyens de continuer à ne pas le faire. Les données de l'INESSS, appuyées par la recherche internationale, invitent à voir cette approche non plus comme une option exceptionnelle réservée aux cas les plus extrêmes, mais comme une avenue qui mérite d'être envisagée plus tôt dans le parcours de soins – et soutenue collectivement. Comme pour toute décision, les résultats varient d'une personne à l'autre et une évaluation individuelle par un psychiatre demeure toujours nécessaire. Pour en savoir plus sur la stimulation magnétique transcrânienne et les options disponibles, Neuroperforma reste une ressource pour les personnes qui souhaitent explorer cette avenue.

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